Prévention de la chute

L’OMS définit la chute comme « un évènement, à l’issue duquel une personne se retrouve par inadvertance sur le sol, ou tout autre surface située à un niveau inférieur à celui auquel elle se trouvait précédemment » (World Health Organization, 2008). Tout le monde peut subir une chute, cependant certaines personnes sont plus à risque de chute que d’autres : par exemple les personnes ayant eu un AVC ou les personnes obèses et surtout les personnes âgées.

Dans la population âgée de plus de 65 ans, la chute est un problème de santé publique car une personne sur trois chute au moins une fois chaque année (World Health Organization, 2008). Les chutes posent plusieurs problèmes. En effet, elles peuvent entrainer des dommages physiques (fractures, entorses, contusions, parfois jusqu’au décès) mais aussi psychologiques (peur, dépression) et sociaux (isolement, perte d’autonomie). Selon les estimations, ce serait près de 424 000 chutes mortelles dans le monde qui auraient lieu chaque année (World Health Organization, 2008). De plus, le coût des soins liés aux chutes est estimé à 90 Milliards de dollars américain dans le monde en 2005 et devrait augmenter jusqu’à 240 milliards de dollars d’ici 2040 (Stevens et al., 2006; World Health Organization, 2008). Il apparait donc nécessaire de comprendre les phénomènes qui sont à l’origine des chutes, pour mieux les prévenir.

Une chute peut être causée par de nombreux facteurs de risques interagissant entre eux : des facteurs environnementaux ou extrinsèques (une marche glissante, un tapis, un défaut au sol, etc) et/ou par des facteurs internes ou intrinsèques (problèmes musculaires, troubles sensoriels, cognitifs, etc…) (Rapport INSERM, 2014). Parmi ces facteurs internes, nous nous intéresserons plus particulièrement à ceux impliqués dans le contrôle postural. En effet, la chute intervient la plupart du temps lorsqu’une personne n’a pas réussi à rattraper son équilibre, c’est-à-dire que la personne n’a pas été en mesure de mettre en place la réponse comportementale adaptée au déséquilibre. Or, selon le modèle proposé par Horak (2006), l’efficacité du contrôle postural résulte de l’interaction de multiples composantes et processus.

Parmi ces facteurs les contraintes mécaniques jouent un rôle très important dans le contrôle postural. La force est un composant essentiel dans le maintien de l’équilibre, il a d’ailleurs été démontré qu’un entrainement en force et en résistance permettait de réduire le risque de chutes de 62% et permettait également de prévenir les blessures résultantes de la chute. Cependant l’activité aérobie (plus communément appelé « cardio ») ne diminue pas significativement le risque de chute(Raffin et al., 2018).

Il existe également d’autres facteurs de risques sur lesquels il est assez facile d’intervenir, il s’agit des facteurs environnementaux. Évidemment s’il va être difficile d’intervenir sur les facteurs présents en villes (défauts sur les trottoirs, trottoirs glissants, absence de rampe d’accès…), il va être facile d’intervenir sur l’environnement proche, l’habitation des personnes chuteuses. Une des premières choses à faire est de supprimer les tapis, il est très facile de se prendre les pieds dedans. Dans le même esprit, il est nécessaire de faire attention aux fils par terre, aux sols inégaux (carrelage vieillissant, moquette décollées…). On peut également installer une barre dans la baignoire (ou même mieux, remplacer la baignoire par une douche), installer des bandes antidérapantes sur les marches d’escaliers. Les vêtements aussi sont à prendre en compte, s’ils sont trop grands ou trop larges il est possible qu’ils trainent par terre et augmentent le risque de chute. Ne négligez pas non plus l’éclairage, en effet la vue est un des premiers sens à perdre en acuité avec l’âge, une bonne luminosité permets de limiter le risque. Enfin, n’hésitez pas à vérifier votre mobilier, il faut qu’il soit assez stable pour permettre de se rattraper dessus en cas de perte d’équilibre.

Pour conclure nous sommes tous soumis au risque de chute, jeunes et moins jeunes, cependant avec l’âge ce risque augmente. Heureusement il existe des moyens pour réduire ce risque, le meilleur moyen étant de pratiquer une activité physique régulière !

Bibliographie :

Horak, F. B. (2006). Postural orientation and equilibrium : what do we need to know about neural control of balance to prevent falls ?, 7–11. https://doi.org/10.1093/ageing/afl077

Pôle Expertise collective de l’INSERM. (2014). Dossier de presse Activité physique et prévention des chutes chez les personnes âgées Une expertise collective de l ’ Inserm, 1–9.

Raffin, J., Barthélémy, J. C., Barth, N., Garet, M., Busso, T., Feasson, L., … Hupin, D. (2018). Fifteen minutes daily brisk walk may be a new best target in very older adults : Age is not an excuse not to exercise. Jamda, 19(3), 273–275.

Stevens, J. A., Corso, P. S., Finkelstein, E. A., & Miller, T. R. (2006). The costs of fatal and non-fatal falls among older adults. Injury Prevention, 12, 290–295. https://doi.org/10.1136/ip.2005.011015

World Health Organization. (2008). Global Report on Falls Prevention in Older Age. Community Health, 1–53. https://doi.org/978 92 4 156353 6

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